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Le corps arbitral se fait-il vieillissant?


Rédigé le Mardi 26 Novembre 2013 à 17:55 | Lu 1453 fois | 0 commentaire(s)


Basket in Belgium lance un pavé dans la marre: les arbitres sont-ils une espèce en voie de disparition? Manque de vocations, crainte de la violence,...expliquent en partie le peu de jeunes qui s'engagent dans l'arbitrage.


Nous n'allons pas évoquer les arbitres qui officient au plus haut niveau où la problématique est différente, mais ceux qui officient au niveau provincial et dans les catégories de jeunes. Suite à un entretien avec Joseph Scribano, un arbitre de 59 ans qui siffle dans la province du Hainaut depuis bientôt 34 ans, il est peut-être temps de lancer un cri d'alarme. Le problème n'est peut-être pas le même dans toutes les provinces, nous ne généraliserons donc pas. «Dans ma province, les trois-quarts des 160 arbitres ont largement dépassé la cinquantaine et la relève se fait attendre» constate-t-il. Mais pourquoi donc les jeunes ne s'engagent-ils plus dans l'arbitrage. Le vétéran du sifflet y voit plusieurs raisons. «Il devient de plus en plus difficile de siffler dans les catégories de jeunes. Ce n'est plus comme avant. Les parents dans les gradins réagissent au moindre coup de sifflet contre leur enfant. La violence verbale est souvent présente et les plus jeunes arbitres ont parfois dur à faire face à ce genre de comportements. Pourtant, je pense qu'ils sont bien suivis par la commission de formation» explique-t-il. Et de faire le parallèle avec ce qui se passe à l'école. «Quand j'étais plus jeune, si j'avais le malheur d'avoir une punition, j'en recevais une deuxième de la part de mes parents. Aujourd'hui, les parents ne réagissent plus comme cela. Ils contestent la punition et vont voir l'institutrice pour demander des explications. Au bord du terrain, ils réagissent de la même manière». Le constat est que la mentalité et la société ont évolué au cours des trois dernières décennies. La notion de respect n'est plus ce qu'elle était.


Nous ne sommes pas des gendarmes

Joseph Scribano fait un autre constat très simple: «Je lance un message aux jeunes qui jouent et qui aiment le basket, s'il n'y a plus d'arbitres, il n'y aura plus de matchs! Ils doivent oser se lancer dans cette voie, même si ce n'est pas toujours simple. Les arbitres ne sont pas des gendarmes, ils sont là pour diriger une rencontre et veiller au respect des règlements. L'arbitrage, tel que je le pratique, c'est un hobby et une passion. Aussi longtemps que cela m'amusera et que ma condition physique le permettra, je continuerai à siffler». En tant qu'ancien, il remarque aussi que ce sont souvent les jeunes qui se désistent quand ils ont été désignés pour arbitrer une rencontre. «Je ne généralise pas évidemment, il y a beaucoup de jeunes qui prennent cela avec sérieux. Heureusement. Certains d'entre eux jouent et doivent se désister pour une question d'horaire par exemple, mais moi, je ne suis pas prévenu et je dois donc parfois siffler seul. Ce n'est pas toujours simple» relève-t-il encore.


Gagner le respect des joueurs

«Comme arbitre, il faut pouvoir s'imposer. Il faut aussi avoir du respect pour les joueurs. Tout arbitre fait des fautes, il ne voit pas toujours tout et parfois, les joueurs se révoltent parfois à juste titre. Dans ce cas, il faut pouvoir dialoguer avec les joueurs. Ce que je fais toujours. Quand je suis avec un jeune arbitre, j'essaie de lui donner des conseils, de corriger ses erreurs et de le replacer quand il le faut». Enfin, il ne faut pas négliger le plaisir que procure l'arbitrage. « Après avoir bien transpiré, la plus grande satisfaction est de se retrouver ensemble, avec les gagnants et les perdants, à boire un verre à la buvette en toute convivialité».


Une pénurie dans l'encadrement aussi

Au-delà de la pénurie d'arbitres, David Michaud, responsable des équipes de jeunes au BC Maurage, soulève d'autres problèmes que rencontrent les (petits) clubs. Certains parents ont parfois la fâcheuse tendance à considérer la pratique d'un sport par leur enfant comme une simple garderie. «Il est de plus en plus difficile de trouver des délégués et de bénévoles qui s'occupent de la table pour le chrono, les 24 secondes ou la feuille de match. Dans club comme le mien, c'est du pur amateurisme et sans l'aide de parents bénévoles, il est difficile, sinon impossible de faire face à tous les problèmes d'encadrement» insiste le responsable. En matière d'arbitrage, les clubs ont l'obligation de le prendre en charge pour les plus petites catégories. Il faut donc des arbitres «maison». «L'année dernière, une de nos joueuses a passé le niveau 1. Cette saison, c'est ma fille Chanel et moi-même qui avons suivi la formation» explique David Michaud, responsable des équipes de jeunes maurageoises. «Ce n'est pas mon père qui m'a poussée. Je suis vraiment motivée. Cela me fait plaisir d'être sur un terrain et de pouvoir expliquer les règles du basket aux plus petits. Il y a vraiment un aspect pédagogique dans l'arbitrage des plus petites catégories» relate Chanel Michaud. Pour devenir arbitre de niveau 1, ce n'est pas très compliqué. Il suffi de suivre une petite formation qui dure 4 heures, formation à l'issue de laquelle quelques questions sont posées, mais pas sous forme d'examen. Ensuite, les arbitres sont lancés dans le grand bain. Après six rencontres sifflées dans les plus petites catégories, ils peuvent suivre la formation pour le niveau 2, mais ce n'est évidemment pas obligatoire.


S'intégrer dans le club

Un autre parent, qui n'avait jamais pratiqué le basket, a aussi le franchi le pas pour devenir arbitre. Dans un club du Brabant wallon cette fois-ci. «Je trouve que c'est un excellent moyen de s'intégrer et de participer à la vie du club. Globalement, je n'ai jamais rencontré de problèmes. Quand on arbitre, il faut montrer qui on est. Je remarque toutefois que les jeunes arbitres sont parfois plus influençables. Dans une rencontre, chacun a son rôle à jouer. Celui de l'arbitre, c'est d'arbitrer. Chez les plus petits, c'est plus de l'amusement qu'une véritable compétition».

 



Dominique Nuydt

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