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Scooore League: Terry Deroover est issu du Centre de Formation de l'AWBB. Interview


Rédigé le Mardi 18 Novembre 2014 à 10:08 | Lu 1626 commentaire(s)


Dans un long entretien, l'actuel meneur des Leuven Bears explique ce que lui a apporté son passage au Centre de Formation dans sa carrière de joueur professionnel. Un exemple de réussite.


Qui est Terry Derrover

« Je suis meneur de jeu pour Leuven Bears depuis 3 ans. J’ai commencé le basket à l’âge de 4 ans, dans le club de Ganshoren, avant de rejoindre le Centre de Formation à 14 ans où je suis resté quatre années. J’ai ensuite évolué deux ans en division 2 nationale - Carnières et Boom - et Leuven m’a proposé un contrat professionnel en division 1»


Quelles étaient tes motivations pour rentrer au Centre de Formation ?

« Mon objectif était simple : devenir le meilleur possible ! Et je pense qu’en Wallonie, c’était le seul endroit pour y parvenir. Lors des sélections provinciales, nous nous étions dits, avec d’autres joueurs, « pourquoi ne pas y aller tous ensemble ? ». Au final, une majorité des sélectionnés sont rentrés au Centre de Formation. La structure est optimale pour progresser car on joue contre les meilleurs, on a une charge d’entrainement incomparable et on est suivi par des coachs, des assistants coachs, des kinés, des médecins, des préparateurs physiques…»


Le Centre de Formation t’a-t-il préparé à devenir un joueur de haut niveau ?

« Oui, car un club « classique » ne propose pas tout cet encadrement. Le staff est composé de professionnels qui mettent tout en œuvre pour que nous puissions atteindre le basket professionnel. Le Centre propose tout cet enseignement sur comment devenir un sportif de haut niveau : Comment adapter sa vie ? Comment adapter son rythme ? Que manger ? Comment aborder un match ? Même l’aspect psychologique est abordé… Je pense qu’en sortant de là on peut prétendre à dire : «  je suis un sportif de haut niveau »


Comment as-tu géré l’aspect scolaire et la charge d’entrainement au Centre ?

« Je n’ai pas eu trop de difficultés, mais il ne faut pas s’éparpiller. Il ne faut pas oublier qu’on est au Centre pour s’entrainer le plus possible et on doit gérer son temps. Au début on profite évidemment de son autonomie. On n’est plus chez ses parents, on a un peu de liberté donc on teste les limites, mais c’est là où se situe l’erreur je pense. Si on a choisi d’être au Centre de Formation, c’est pour avoir une charge d’entrainement maximale et pouvoir progresser le plus vite possible. Les études s’incorporent dans le planning, c’est aussi important et je pense qu’il faut s’organiser le plus vite possible. Il faut choisir ; soit on le fait avant l’entrainement, soit après. Dans mon cas, la journée type était : retour de l’école, goûter et ensuite entraînement. Après, on allait manger et puis directement, avec deux/trois joueurs, on allait de nouveau shooter pendant une heure, une heure et demie, mais c’était un choix. On savait qu’en remontant en chambre après les autres, on allait devoir travailler plus tard. Mais là, on ne doit pas se dire : « ah non, je suis fatigué, j’ai été m’entrainer, je n’étudie plus, je ne travaille plus… ». Certains qui n’étudiaient pas ont connu des problèmes à l’école et ont perdu un an. Ce n’est pas le but. Je pense qu’il faut faire des efforts, on est là pour travailler. Si l’on veut progresser, il faut passer par là. Si on ne travaille pas de manière régulière, on ne peut pas gagner du temps pour s’entrainer encore plus. Il est possible de s’entrainer énormément et de réussir à l’école, tout est une affaire d’organisation… Pierre-Antoine Gillet et moi en sommes l’exemple… » 


Tu as d’ailleurs continué tes études après le Centre, pourquoi ?

« J’ai voulu continuer car en Belgique, beaucoup de joueurs ont tenté une carrière de sportif professionnel et n’ont pas réussi. Il y a toujours un facteur chance qui intervient par rapport à notre réussite et je voulais m’assurer un avenir sans basket. Lors de ma première année en division 2 à Carnières, j’ai peut-être visé un peu trop haut en essayant de combiner des études d’ingénieur de gestion et du basket de haut niveau. Cette année-là, je m’entrainais deux fois par jour et même si je n’ai pas raté de beaucoup, je me suis rendu compte que la charge était trop lourde. J’étais très fatigué, tant physiquement que mentalement… Après une année sabbatique de réflexion, je me suis alors orienté vers le marketing, qui restait un peu dans la lignée de ce que j’avais fait. Cela m’apporte autre chose que le basket, j’ai une autre vision sur le monde et je reste connecté avec ce qu’il se passe. Il est important d’avoir divers centres d’intérêts, mes études me sortent un peu de ma bulle et m’aident également dans la vie de tous les jours. Mon but est de continuer à jouer en division 1 mais au moins je sais qu’en cas de besoin, j’ai une sécurité pour mon avenir »


Toi qui es sportif de haut niveau, quels conseils donnerais-tu aux jeunes ?

« Je m’adresse surtout aux jeunes du Centre de Formation… Le premier conseil que je leur donnerais, c’est de se donner à fond dans ce qu’ils font. 4 ans, ça passe très vite ! On a à peine commencé que c’est déjà fini ! Ces 4 années sont super importantes et peuvent faire la différence. Il y a beaucoup de joueurs très doués à l’âge de 13 ans mais qui n’utilisent pas tout leur potentiel… Ce sont vraiment les années 14-18 ans qui vont déterminer le reste de votre carrière. Vous êtes à l’internat, vous avez choisi le basket comme plan de vie. Donnez-vous à fond dans tout ce que vous faites ! Même les jours où vous êtes un peu fatigué, même s’il y a des jours où vous êtes un peu affecté par des éléments extérieurs, il faut se forcer et oublier.


Le deuxième conseil c’est de faire des petits extras : il y a toujours des petites choses que l’on peut travailler. Un coach, sur une année, ne peut pas travailler tous les aspects de votre jeu personnel. Il doit travailler une équipe, donc il y a des petits plus à faire de votre côté. Concrètement, cela veut dire arriver 30 minutes avant l’entrainement et partir 30 minutes après pour travailler votre dribble, vos passes, votre shoot, votre physique… N’oubliez jamais, si vous vous entrainez de la même manière qu’un autre, vous n’avez pas de petit bonus par rapport à lui »


As-tu toujours des contacts avec les ancien(ne)s ?

« Oui, un petit peu par Facebook. Mais la vie a fait que nos chemins se sont séparés et qu’on ne sait pas garder contact avec tout le monde. Maintenant, c’est plus facile avec ceux qui jouent à un haut niveau comme Loïc Schwartz, Pierre-Antoine Gillet ou Amaury Gorgemans car on se voit déjà plus souvent. Même du côté féminin, j’essaye de suivre les filles du top via les stats, on s’envoie un petit message de temps en temps… J’ai également des contacts avec Nicolas Sturam, un de mes meilleurs amis. On ne va pas au Centre pour se faire des amis, mais on est toujours contents de se revoir car on a plein de souvenirs en commun… »


Quel est ton souvenir le plus cocasse au Centre de Formation ?

« Lors de mon premier match avec le Centre de Formation, j’étais évidemment stressé. De plus, c’était le premier match de l’équipe garçons donc énormément de gens étaient venus voir, dont mes parents, ma famille… Je me souviens qu’après un rebond défensif, je remonte le terrain en faisant passer la balle entre mes jambes. Arrivé à l’anneau, je veux faire une passe dans le dos… Et la balle sort. Julien Marnegrave, qui était le coach, terrifiait tout l’équipe à l’époque. Il a pris temps mort… Je n’ai pas eu le temps de m’asseoir qu’il est venu me parler à 10cm en me criant dessus ! Il m’a demandé « qu’est-ce que tu as fait ? Tu crois qu’on est à Bouglione ? » … Je m’en souviens comme si c’était hier. Je me sentais ridicule ! Le coach avait pris temps mort uniquement pour ‘’m’engueuler’’ ! A la fin du temps mort, je pensais que j’allais descendre mais, non, le coach m’a pris par l’épaule et m’a dit « allez, vas-y, fonce ! ». C’est typique d’un coach comme ça. Il va vous montrer vos erreurs mais va toujours garder confiance en vous ! Dans le sport de haut niveau il faut s’y habituer. Il y aura parfois des passages difficiles mais il faut garder confiance en soi et Julien nous y a préparés. Mais pour la première au Centre de Formation, ça m’a directement mis dans le bain !!! »


Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

« On envisage toujours le meilleur. Il me reste un an de contrat à Louvain. On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir. Pour le moment, l’objectif c’est de progresser un maximum et d’ici quelques années, ce sera de jouer à l’étranger ou pour une équipe du top. D’avoir un rôle à jouer dans ce championnat voire dans un championnat européen. Mais le plus important c’est de garder les pieds sur terre et de ne pas se brûler. Etre patient, prendre les bonnes options et continuer à travailler. Ce n’est pas parce qu’on avance dans une carrière qu’il n’y a plus rien à corriger. Le tout est de ne pas s’arrêter, car il y a à tout moment des jeunes qui arrivent, des autres joueurs qui travaillent plus que vous. Bref, j’arriverai là où je dois arriver mais quoi qu’il arrive, je n’aurai pas de regrets car j’aurai tout donné »

Propos recueillis par Selim Ben Aissia - Communication AWBB


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